samedi 21 mars 2015

Tolérance...



Je n'ai pas l'habitude de vraiment participer "aux journée de ..." qui sont toutes très nombreuses. Je réfléchis parfois personnellement à ce que cela signifie pour moi, la société, à ce que je fais tout au long de l'année pour la cause en question. Mais généralement j'oublie tout simplement.

Aujourd'hui c'est la journée mondiale de la trisomie. Je n'avais pas prévu un article. En outre, je porte déjà toute l'année des chaussettes dépareillées (oui oui elle est nulle ma blague. Mais c'est vrai. J'ai jamais une chaussette pareils ;) ). Mais aujourd'hui j'ai lu un statut et un article d'un blogger que j'appréciais beaucoup. Je ne le citerai pas. Je n'ai guère envie d'alimenter la polémique ( ou de lui faire de la publicité, là, aujourd'hui). En gros il lançait un peu énormément la pierre à ceux qui passait le tri test, faisait une amiosynthèse ou encore allait jusqu'à l'IMG.

Je suis d'accord sur beaucoup de ses arguments notamment sur le peu de fiabilité du tri-test et la sous information des futures parents sur l'amio. Après ces arguments de "qui sommes nous pour savoir qui a le droit de vivre ou de mourir ? " me fait frémir la colonne vertébrale. Cela sonne trop comme les arguments anti-ivg. Qui sommes-nous ? Personne. Le choix doit être un choix de couple.

Alors certains ont fait un palier avec l'autisme dans les commentaires. Et si on décelait l'autisme in utéro ... Cet argument me fait beaucoup penser à la loi de Godwin ( remplacement des arguments par une comparaison extrêmes.).
Figurez-vous que cet argument m'a déjà été sorti pour les problèmes de santé de mes enfants (et des miens de problèmes donc). " Ah et si on avait pu savoir que ta fille aurait tout ça, tu aurais avorté ?" Tout ça... Un asthme et de multiples allergies assez graves qui nous bouffent le quotidien depuis 9 ans et demi. En gros je soutiens l'avortement et l'IMG, donc forcément si j'avais su pour ma fille... Des raccourcis trop rapides d'esprits trop étriqués.

Je n'ai pas fait le tri-test pour les deux derniers. Pour la première je l'ai fait sans savoir à quoi il servait. J'étais une très très sage future maman qui suivait à la lettre ce que lui disait son médecin sans se poser de question.
Pour les deux derniers se fut tout le contraire et j'en ai fait râler des médecins, des infirmières, des sages-femmes et des secrétaires de laboratoire (j'en parlerai peut-être un jour.). Pour le deuxième je savais déjà que je ne pourrais pas avoir recours à une IMG s'il avait une trisomie 21. Mon mari lui n'avait pas d'opinion. Il m'a suivit un peu angoissé. Pour la troisième nous avons pris ce chemin ensemble. 

Pourtant je n'ai jamais jugé ceux qui n'était pas prêts à faire ce choix. On ne sait jamais ce que nous réserve la vie. Les choix et les opinions que nous avons à un moment donné peuvent changer en fonction de notre vécu. Ne jamais dire jamais.

A notre époque nous choisissons quand nous voulons des enfants (plus ou moins hein ). Nous choisissons si nous en voulons ou pas. 

Nous sommes 5 dans la famille. 4 membres sont allergiques et asthmatiques. La cinquième l'est surement aussi. Nous sommes en cours de diagnostic. Un ou plusieurs membres de la famille ont peut-être un autre soucis de santé (en cours de diagnostic également ). La quotidien est parfois violent, éprouvant et étouffant. Nous avons fait une croix sur notre envie d'un quatrième enfant pour ces raisons là. Je sais déjà que, s'il devait y avoir un quatrième, je n'assumerai pas un enfant lourdement handicapé. J'aurais déjà du mal à gérer un autre enfant allergique ou asthmatique.  Donc je ne veux plus d'enfant. Si je devais tomber enceinte sans l'avoir voulu, je ne sais pas ce que je ferais. Je ne sais pas quels seraient mes choix.

Dans mon métier je suis confrontée à tout ça. Je dois être humble, tolérante et garder mes jugements négatifs pour moi.
J'ai toujours allaité mes enfants plus d'un an. Ma dernière va avoir trois ans et tète toujours. Vu le taux d'allaitement dans notre pays, je rencontre très peu de mères employeurs qui allaitent ou qui allaitent au-delà de 3 mois. Cette décision ne m'appartient pas. Je ne comprends pas ce que c'est de choisir de ne pas allaiter. Mais ai-je besoin de comprendre, moi en tant que mère, pour être une assistante maternelle à l'écoute ? Déjà en tant qu'amie, soeur, cousine,... je n'avais pas besoin de comprendre. Ce n'est pas ma vie. 
En tant qu'amie, professionnel ou membre de la famille, j'ai déjà rencontré plusieurs femmes ayant découvert leur grossesse tardivement. Elles n'ont pas pu avorté. Elles l'auraient surement fait si elles avaient pu. Est-ce que cela remet en question le droit à l'avortement ? Est-ce que cela fait de ces femmes des hypocrites qui n'aiment pas leurs enfants ?
J'ai accouché une fois sous péridurale et deux fois sans.
Je mange bio et local. Je suis végétarienne. Mais je suis déjà aller au mac do (bordel et j'en ai vraiment honte à chaque fois ).

Donc oui dans le meilleur des mondes tout serait simple... Mais les bisounours ça n'existe pas. Le père noël non plus. Nous ne sommes pas dans le meilleur des monde. Nous devons faire avec des personnes qui ne vivent pas comme nous, qui ne choisissent pas les mêmes chemins de vie que nous. 
Quoi de mieux que la tolérance et la bienveillance pour vivre tous ensemble ?

Donc, oui, j'assume de soutenir la journée mondial de la trisomie, d'avoir de l'empathie et de trouver courageuses les familles qui le vivent, sans savoir si MOI je pourrais le faire. N'est-ce pas ça la tolérance après tout ?

mercredi 18 mars 2015

Les aventures du Chat Mallow #1



Les aventures de Chat Mallow compte pour l'illustration de la semaine.
Une fois par semaine, j'illustre le quotidien des assistantes maternelles par des GIFS, des photos détournées (ou non tient en fait ), des dessins peut-être, des chansons pourquoi pas ou que sais-je encore.


Mallow fin connaisseur des meilleurs "riens" cuisinés par nos enfants.




Les photos sont prises avec les propres enfants de l'assistante maternelle. Cette dernière ne laisse pas son chat approcher des enfants qu'elle garde. Il n'en a d'ailleurs pas envie. Il fuit le bruit pendant la journée. Cependant quand monsieur le chat rentre après une difficile journée de travail une journée d'aventure à fuir l'aviation enfantine, il se retrouve à devoir s'occuper des enfants de son humain. Chat d'ass mat un métier difficile !

lundi 16 mars 2015

Révélations

Révélations sur le métier d'assistante maternelle. Certaines pourraient également parler à des parents.

Attention véritables scoops dans cet article ! 


1) Ce métier est mauvais pour la ligne. Et oui tu fais des pâtisseries pour les enfants presque tous les jours. Difficile de ne pas succomber quand l'odeur de gâteaux envahie la maison. Le sport que tu fais en leur courant après, désolée de te le dire, ne compense pas. A un moment donné faudra forcément manger moins que ces petits êtres humains en pleine croissance.

2) Si tu es ass mat et que tes maman de deux enfants minimum, chez toi ça sera toujours le bazar. Ca sera propre, mais ça sera le bazar. La nuit, si tu as réussi à ranger après ta journée de travail, ta maison restera ordonnée quelques heures. Sinon ce sera le cas seulement le matin avant le réveil de tes propres enfants.
Tu rangeras pendant 20 minute à une demi heure. Tu passeras à peu près le même temps à faire le ménage. Les prunelles de tes yeux se réveilleront. Ils commenceront à déranger. Mais ce n'est qu'un petit échauffement avant l'arrivée de ceux que tu gardes. Bonjour les tornades !
Bref tu auras compris... Bazar, bazar, bazar !

3) La suite logique du point numéro 2 : tu passeras ta vie à ranger !
Si si. Dès que tu as un moment du libre, tu ranges. Rien ne reste ordonné bien sûre ( cf point n°2), mais cela te permet de pouvoir continuer à voir le sol de ta maison en fin de journée.

4) Tu perdras toute crédibilité dans une assemblée d'adulte. Quand tu te mets à chanter des comptines alors que tu n'es pas accompagné d'enfants, généralement tu ne tardes pas à faire rire ou à passer pour une folle. Pendant un apéro entre amis, en faisant les courses, dans la file d'attente du cinéma,... C'est plus fort que toi. Les habitudes sont cruelles ! Mais ne t'en fais pas le ridicule ne tue pas. Bonne nouvelle, n'est-ce pas ?

5) Tu recevras des cadeaux : bouts de bois, cailloux, bouts de papier ou autres trésors. Si vraiment tu es aimé par les enfants, ils voudront bien te confier leurs crottes de nez. Mais, là, c'est vraiment si tu es devenue la nounou adorée de toute la famille. Tu as en de la chance. Ils te l'apporteront comme un trophée.

6) Certains parents craignent. Ils te feront comprendre que tu n'es que la nounou. Ni un parent, ni un docteur, ni quelqu'un qui s'y connait dans la petite enfance (Si si il y en a qui nous confie leurs enfants, vu l'estime qu'ils ont de nous, on se demande pourquoi),... S'ils craignent seulement avec toi et pas avec leurs enfants, tu sais serrer les dents.
Toi tu sais que justement tu es LA nounou. Tu sais pourquoi tu fais ce métier et tu le fais avec passion. La reconnaissance que tu attends, c'est la confiance que les enfants ont pour toi. Et puis plus les années passeront et plus tu les repéreras ces parents irrespectueux de ton métier. 

7) Quand tu tombes sur des employeurs bien, tu peux devenir leur meilleure alliée pour les assister dans leur parentalité. Vraiment, ce partenariat rend le quotidien plus serein pour tout le monde.

8) Tu passeras des heures à consoler des larmes, à bercer, à surveiller une fièvre, à jouer, à courir, à devoir déborder d'énergie tout en essayant d'en conserver pour t'occuper de tes propres enfants le soir.

9) Tu te taperas des migraines atroces dès qu'il s'agira de comprendre le coté administratif de ton métier. Les salaires, les congés payés, les absences à déduire ou non, ... Mais je te rassure un jour ça finit par devenir compréhensible... Ou alors tu t'habitues juste aux migraines.

10) Les enfants arriveront toujours à t'amadouer avec un sourire, un câlin, un dessin,... Même s'ils ont fait les pires conneries toute la journée, ils savent que tu as un coeur en guimauve et que tu ne peux pas résister.


vendredi 13 mars 2015

On parle du blog !



Il y a quelques semaines, une journaliste m'a contacté. Nous avons papoté trente minutes environ. Oui papoté parce que je ne sais pas comment elle s'y est retrouvée dans mon débit de parole et dans la conversation que je faisais passer du coq à l'âne.

J'ai loupé la publication l'article avec l'opération de mes dents de sagesse et les vacances scolaires. Mais mieux vaut tard que jamais, je vous présente l'article. Il est frai, léger et sans prétention comme le parti-pris que je souhaite pour Ram : récit d'ass mat.


"une vie de nounou décortiqué sur le web" a été publié le 21 février 2015.

En voici quelques extraits :
"Elle [parle ] de son métier avec légèreté."
"[...] la jeune femme est plutôt d'un naturel optimiste et c'est avec humour qu'elle partage ces remarques malvenues dans [son] blog."
"Ses posts se nourrissent également d'anecdotes racontées par des amies nounous (note de moi même. : Elles ne sont pas toutes mes amies. Certaines me contactent sans me connaitre personnellement. )"


Voilà vous en avez peut-être appris un peu plus sur mon envie de tenir ce blog. Peut-être auriez-vous d'autres questions à me poser ! Alors j'ouvre les commentaires ici (là juste en bas :D ) pour me poser les questions que vous voulez. J'essayerai d'y répondre.


A vous !

mardi 24 février 2015

Illustration de la vie quotidienne n°5 , L'importance de la lecture





La lecture est importante pour nos enfants ! Les personnages principaux des histoires deviennent souvent de vrais exemples à suivre.  



Enfin exemple, exemple... C'est vite dit...














... Plutôt la première célébrité à avoir une mauvaise influence sur nos enfants ! Au secours c'est le début des emmerdes ennuies !

  
[casquette de maman] la photo est celle de ma propre fille. Quand je ne travaille pas, elle a donc beaucoup plus de liberté dans la maison pour faire des bêtises laisser libre cours à sa propre expression artistique.

lundi 23 février 2015

Allô !

La première sélection pour trouver un contrat se fait au téléphone. Aussi bien pour les assistantes maternelles, que pour les parents.
Parfois la communication se complique grandement... mais simplifie tout autant le choix de se rencontrer ou pas, de signer le contrat ou non.


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« Bonjour, je recherche une assistante maternelle.
- Bonjour. Je viens juste de trouver un contrat. Mais je peux prendre vos coordonnées pour une collègue voisine. Elle vient d’avoir une place qui se libère. Elle ne doit pas encore être revenue sur les listes. Je lui transmets et elle vous rappelle.
- Oh merci beaucoup ! Je suis donc madame TrucBidule 06 7X 8X 32 2X.
- …
- C’est bon vous avez noté ?
- Euh oui. En fait je les avais déjà vos coordonnées. Nous sommes censés signer le contrat demain... »


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"Bonjour je cherche une assistante maternelle.
- Bonjour. Je suis désolée. Il y a du avoir une erreur. Je n'ai plus de place. Je ne devrais plus apparaître sur les listes.
- Et si je vous paye plus, vous libérez une place ?
- ...
- Si Si. Ca serait un gros contrat avec plein d'heures.[1] 
-...
- alors ?
- Au revoir monsieur JE N’AI PLUS DE PLACE."

[1] petite note de l'assistante maternelle : Je ne serais donc pas mieux payé. Je ferais juste plus d’heure. 
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" Allo. Je vous ai laissé un message ce matin pour votre place disponible. Et vous ne m'avez toujours pas rappelé.
-...
- C'est la moindre des choses non ?!
- Madame il est 10h....
- Oui ! Ça fait donc déjà 2 h que je vous ai appelé ! J’attends depuis 2h !
- Donc, là, vous m'interrompez dans une activité avec les enfants pour me hurler dessus ? Je réponds à mes messages seulement pendant les siestes ou le soir. Je laisse la priorité aux enfants que je garde. Si vous trouvez ça scandaleux, nous allons avoir un sérieux soucis. 
- Non mais il faut que vous compreniez. La liste est longue. Je n'ai pas que ça à faire.
- Moi non plus madame. Bonne journée."



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" Bonjour pouvez-vous aller chercher mon fils de trois ans à l'école maternelle le midi et qu'il fasse la sieste chez vous ?
- Bonjour. Je me suis organisée de façon à ne pas faire d'aller-retour jusqu’à l’école avec les bébés le midi. Je ne prends donc pas d’enfants scolarisés. Par contre d'autres assistantes maternelles près de l'école le font.
- Oui mais vous êtes près de chez moi. C'est plus pratique.
- Oui mais je ne fais pas les allers-retours à l'école, comme je viens juste de vous le dire.
- ah mais vous n’aurez pas d'aller-retour. Il y a juste à le ramener une fois. Pas à y retourner.
- Oui mais moi et les bébés devront faire un aller et un retour en voiture. Pile au moment des repas et des siestes.
- Non, vous n'aurez pas à y retourner à l'école. Il dormira chez vous.
-...
- Alors ?
- Il faut vraiment que je réponde ?
- Je ne comprends pas.
- Oui j'ai constaté....
- Pardon ?
- Je ne vais pas à l'école. Aller retour. Ou simple aller ou simple retour. Par fusée ou par téléportation. Je ne vais pas à l'école un point c’est tout !
- Vous n'avez pas  d'enfant ?
- si...
- Et vous les laissez là bas ?
-...
- Donc vous allez à l'école, non ?
- Le matin et le soir seulement.
- Donc ça ne ajoute qu'un retour en fait.
-....
- Donc ?
- La place est prise.
- Mais …
- Une maman a appelé à l'instant pour prendre la place.
- Ah bon ?! Mais comment.. 
- bonne journée au revoir."



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vendredi 20 février 2015

L’heure du biberon.



Je le prends contre moi pour lui donner le biberon. Il s'agite en ouvrant grand la bouche. L'appel du ventre est puissant. Il est blotti dans mes bras en confiance. Aujourd’hui, il sent le parfum de sa maman. Hier, c'était celui du papa. Il me regarde droit dans les yeux en tétant goulument. Je plonge les miens dans les siens et lui souris tendrement.
Sa main s'agite jusqu'à attraper la mienne. Les plus grands jouent autour. Je les surveille aussi. Impossible d'être yeux dans les yeux pendant tout le biberon.  Et est-ce mon rôle après tout ? Je n’en suis pas sûre. Rester connecté à lui tout le temps. Non, ce n’est pas mon rôle. Il y a les grands à surveiller aussi. Ces derniers viennent voir de temps en temps, puis repartent sur le tapis de jeux. Cependant quand tout est tranquille, je profite pour bien échangé avec chacun. Avoir des moments privilégiés, des câlins, des jeux, des sourires. C’est si important pour chaque enfant. Etre considéré par les adultes, et pas seulement par papa et maman.

Toutes les nounous ne sont pas mamans avant, mais beaucoup. Nous connaissons donc, pour la plupart, cette angoisse de « elle va prendre ma place ». Nous confions notre enfant à une inconnue - en général - pour retourner travailler. Des sentiments ambivalents nous traversent. La culpabilité. Un peu. Parfois. Beaucoup. Des fois. Pas du tout. Pour d’autres. Puis enfin, si, la culpabilité de ne pas en ressentir.
La peur face à cette femme (généralement peu d’homme dans ce métier) qui s’occupera de notre bébé. Elle le verra évoluer toute la journée. Lui donnera ses biberons. Le bercera pour le calmer. Pendant que nous nous courrons le soir entre le bain, le repas et le coucher sans avoir vraiment le temps de profiter.
En étant assistante maternelle, j’ai toujours en tête ces choses là. Je sais que cela peut-être difficile pour une maman… Je suis maman, également. Je comprends qu’il puisse y avoir des difficultés à se détacher, à faire confiance et à ne pas vouloir tout contrôler.


Les bruits de succions se mêlent au rire des plus grands. Le bébé lâche ma main. Je pose de nouveau mon regarde sur lui. Il me sourit derrière son biberon. Je lui rends un sourire. Il ferme les yeux parfois. Il regarde autour de lui à d’autre. Peu à peu, le biberon se vide. Une sérénité émane de ce petit être. Elle envahit la pièce et chaque individu si trouvant. Moi aussi bien que les autres enfants. L'apaisement de la soif étanchée et de la faim calmée est tangible. Je regarde ce bébé avec « amour ». Un amour maternel ? Non, bien sûr que non. Je suis une mère. Néanmoins je ne suis pas sa mère. Je le sais bien. Je le ressens bien. J’éprouve un « amour » d'assistante maternelle.
Un amour d’être humain sur un autre être humain plus petit, mignon et à protéger. Une bienveillance. Il est sous ma responsabilité. Ce bébé m'a été confié. Il a besoin de sécurité, physique et affective. Quand je m’en occupe, je pense à lui et aussi à toute sa famille. Ils me font tous confiance. Père. Mère. Frère. Sœur.
C'est mon métier. Je dois à la fois m'attacher et garder de la distance. Un pied dans la famille. Un pied en dehors. Une valse des sentiments et des limites. Chaque parent ne m’autorise pas à prendre la même place. Je me réinvente à chaque fois.
Oui, je me préoccupe des bébés et je m'attache à eux, comme un adulte qui doit prendre soin des futures générations. Je ne suis pas là pour prendre la place de la famille. Je suis là pour que papa et maman partent au travail en sachant qu'on se préoccupe de leur bébé. Je suis là pour qu’il se sente bien, pour respecter ses besoins physiologiques. Je lui dois le respect de son être entier. Le laisser grandir dans la bienveillance et en le laissant suivre, autant que possible, son propre rythme.

Le biberon terminé, je tapote dans son dos. Le rot ne tarde pas à sortir. Nous allons nous installer sur un tapis à coté des grands. J’aide ces derniers à faire des tours de cubes et à les casser sous de grands éclats de rire. Le bébé a attrapé un hochet et pousse des cris de joie.

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