mercredi 18 février 2015

Illustration de la vie quotidienne n°4, frénésie

Une fois par semaine, j'illustre le quotidien des assistantes maternelles par des GIFS, des photos détournées (ou non tient en fait ), des dessins peut-être, des chansons pourquoi pas ou que sais-je encore.




Quand j'annonce que c'est l'heure du goûter.







GIFSoup

lundi 16 février 2015

Le top 10 des ratés des ass mat


Voici un top que je veux marrant et pleine d’autodérision sur notre profession. Ici nous ne réglons pas des comptes. Oui, il se passe parfois des choses graves avec certaines assistantes maternelles. L’inverse aussi. Nous sommes témoins de situations parfois tragiques et pesantes (séparations, maltraitance, dépression,…) dans notre métier. Ce blog n’a, en aucun cas, le rôle de parler de tout ça.
A part une ou deux qui m’ont un peu choqué (les châtiments corporels et l’allaitement), ce sont des situations qui finalement nous prête à rire. Les relations humaines peuvent être malmenées par des incompréhensions et des maladresses normales. Nous sommes tous humains avec les imperfections qui vont avec. Ce qui importe le plus est le respect de chacun, assistantes maternelles, parents employeurs et enfants.
Après cet aparté un peu "sérieux" place à l'autodérision ;)



1) Au moment du contrat.*

« 8x4 ça fait donc 36 heures par semaine... ah... oui non pardon 32 heures. »

Nounou vénale, nulle en maths ou tête en l’air ? On me souffle dans l’oreillette que c’est bien « nulle en maths ».



2) L’échange du soir.

«  Oh oui elle a bien dormi. Quatre heures de sieste ! De 12h à 15h. »

Si c’est la même, effectivement, c’est « nulle en maths ».



3) Pendant la sieste. L’assistante maternelle appelle sa mère.*

« Allo maman ! Il fallait absolument que je t’appelle. Je pense à ça depuis ce matin ! Ca y est je l’ai eu. Bordel enfin ! Je suis troooooop contente !!!!!
- Euh… Lisa ?
- Oui… Marie ?
- Oui. C’est Marie, la maman de Zoé.
- Oh mince Excusez-moi. Je voulais joindre ma mère.
- Oui j’avais compris. »



4) En formation.*


 « On n’a pas le droit aux fessées ?! C’est une blague ?! Non… Même pas un peu ?! Les tapes sur la main non plus ! Mais comment on fait pour se faire obéir ?! »

La future assistante maternelle a heureusement appris beaucoup de chose pendant la formation. La remise en question n’a pas été simple. Mais c’est cela qui est enrichissant dans ce métier. La remise en question perpétuelle.



5) En réunion d’assistantes maternelles avec mise en situation.*

« Elle ne va pas nous saouler celle là avec son allaitement ! Elle va donner des biberons avec du lait artificiel comme tout le monde. »

Malheureusement, celle-ci ne semble pas s’être remise en question.



6) Un matin…*

Le papa frappe à la porte un long moment. L’assistante maternelle finit par ouvrir en pyjama et les yeux pas encore bien ouvert.
« Bonjour ? dit-il. Vous avez eu une panne de réveil ?
- Mais ce ne sont pas les vacances aujourd’hui ?!
- Non il reste encore une semaine. »

Oups !




7) Le troisième entretien. Les parents et l’assistante maternelle se sont quasiment choisis.

« Donc l’adoption se passera en douceur. Nous allons d’abord faire environ trente minutes à une heure avec vous. Puis vous partirez quelques minutes. Et nous allongerons le temps progressivement. Généralement je fais l’adoption sur minimum deux semaines. Mais parfois il y a des adoptions d’urgences. Cela arrive. Du moment que la confiance s’installe entre nous, l’adoption se passera sans problème. » 

L’assistante maternelle était préoccupée par le parcours un peu chaotique de sa sœur souhaitant adopter. L’explication a heureusement fait rire la maman. Pourtant elle fut d’abord choquée par ce lapsus. La stupéfaction passée, le fou rire la gagna.

« Bon au moins vous savez briser la glace ».  S’était-elle exclamé hilare.

L’assistante maternelle ne savait plus où se mettre. C'est bien le pire lapsus que nous pouvons faire dans notre profession. Une des plus grande crainte des mères est que nous volions leur place. Mais les mots adaptation et adoption se ressemblent tellement que, fatiguée par une longue journée et inquiète pour l'adoption de son/sa futur/e neveu/nièce, l'assistante maternelle ne s'en est pas rendu compte. Heureusement l'histoire se termine bien.



8) Une maman raconte son plus gros fou rire.*

Quand j’ai du sauver l’assistante maternelle d’une terrible… araignée. Certes elle était énorme (la taille de mon poing, toute noire et velue) et lui grimpait sur la jambe. La pauvre nounou se contenait pour les enfants. Mais elle était terrorisée et avait envie de hurler.
Le plus drôle aurait été que mon compagnon vienne chercher Maxime ce jour-là. Lui aussi phobique des araignées, ils seraient restés paralyser de terreur tous les deux.
Après, entre deux fous rires, je suis allée lui chercher un verre d’eau. La pauvre était livide.



9) Le soir, l’assistante maternelle dit au revoir.*

                  « …Bon week-end !
                  - Euh…On est lundi
                  - Ah… oui… Alors à demain plutôt. »


10) Les parents viennent chercher leur enfant.*

         « Oh elle a mis ses chaussures seule ?! S’émerveille la maman.
         - Non c'est moi qui lui ai mis. Pourquoi ?
         - La chaussure droite est au pied gauche.
         - .... »




Merci à tout ceux qui ont partagé avec moi certaines anecdotes.





*Ces situations ont été également vécu avec les protagonistes inversés (les bourdes faites par les parents employeurs ) : erreurs de calcul sur le nombre d’heure ou la paie, une erreur d’appel téléphonique, des parents qui souhaitent qu’on donne la fessée pour faire obéir leur enfant, des mamans qui s’indignent quand on leur parle d’allaitement, une erreur dans le planning, une maman qui appelle son assistante maternelle parce qu’elle ne pouvait pas aller jusqu’à sa porte d’entrée à cause d’une souris dans le passage, des parents pressés le matin et qui ont fait une erreur en habillant leurs enfants.

vendredi 13 février 2015

La lettre



Depuis le rendez-vous j’attends très impatiemment avec une patience à toute épreuve le courrier du conseil général. Je bondis sur MariChéri dès qu’il tient une pile d’enveloppes entre ses mains.
                           « Non mais, là, c’est le courrier à envoyer. Je dois les poster !
                          - Ah… Oups ! Pardon. Désolée » lui dis-je avec mon plus beau sourire.

J’oscille entre le « oui ça va aller. Elle m’a demandé d’organiser la garde de mes enfants pour la rentrée » et le « Non ! Non ! Il y a rien eu de bien », niant intégralement les bonnes choses de l’entretien. Parfois les erreurs repassent en bouclent dans ma tête. Je m’angoisse. La dernière fois que j’avais ressenti une anxiété pareille, c’était pour les résultats du baccalauréat. Oui je dramatise un peu (beaucoup me hurle MariChéri dans l’oreillette) en période stress. Un exemple ?... Hum… Crise de larme dans les bras de MariChéri le soir quand les enfants sont endormis. Prononçant des phrases inaudible entre deux sanglots : «  jvfrkouaaadmvi sigépmongréman!? ». Dans ma tête sans les pleurs ça donne ceci : « Je vais faire quoi de ma vie, si je n’ai pas mon agrément !!!! ». Tragédie grec home made.
Je sais pertinemment  que je vais avancer, quoi qu’il arrive. Mais j’ai ce besoin de pleurer, de m’apitoyer pour mieux rebondir. Une sorte de conjuration de mauvais sort peut-être. Au bout de plus de dix ans, je ne sais même pas si MariChéri y prête encore de l’attention. (Il me crie dans l’oreillette qu’il ne le remarque même plus.)

Bien évidemment la lettre est arrivée un jour où je n’y pensais plus.

Promenade avec les enfants dans le bois.Il y a aussi une marre. Le début du printemps a fait sortir les canards et les petits canetons. La journée est radieuse. Si bien que nous portons seulement un gilet et une petite veste. Les enfants jettent du pain rassis aux palmipèdes. Ils regardent attendrie les cannes et leur petits. Ils tentent d’en attraper un ou deux, vainement. L’heure du repas approchant, je leur signale que nous nous mettons sur le chemin du retour. Maya, ma dernière tout juste un an, marche depuis un mois. Elle me tend les bras. Marcher arrivée près de la marre est une chose, faire les un ou deux kilomètre jusqu’à la maison en est tout autre. Je la fais voltiger sur mon dos et attache le porte-bébé. Ma grande de 7 ans, Clara, a ramassé des fleurs, des brindilles et des cailloux. Le deuxième de 4 ans, Loric,  l’a imité. Nous marchons sous un soleil doux et éclatant.

                  « Maman on pourra faire des collages avec ce que nous avons ramassé ?  Me demandèrent-ils en arrivant à notre portail.
                              - Bien sûr ! Mais après le repas. Pendant la sieste de Maya. »
Nous discutons tous ensemble avec bonne humeur. Maya, qui avait posé sa tête entre mes deux omoplates à l’entrée de notre rue, se met à caresser les petits cheveux de ma nuque tout en tétant ses doigts de l’autre main. Le sommeil est proche. J’attrape la pile de courrier dans la boite tout en riant avec Clara.
                          « Maman… Je crois que… »
Elle a reconnu l’entête du conseil régional. Je me fige et regarde la grande enveloppe marron comme si elle allait exploser.
                          « Rentrons, leur dis-je.
                          - Tu ne l’ouvres pas maman ?!
                          - Je ne voudrais pas gâcher notre journée. J’attendrais ce soir.
                          - Pfff maman, comme si la réponse pouvait être non ! » S’exclame-t-elle en levant les yeux au ciel.
Soudainement Maya devient plus lourde. Elle s’est endormie. J’entends toujours le bruit de la succion de ses doigts qui s’intensifie. Je palpe l’enveloppe. Elle est épaisse. Il y a plusieurs feuilles dedans.
                          « Rentrons. Je l’ouvre une fois à la maison. »
Clara me sourit, ravie. Elle est impatiente de savoir. J’ai peur qu’elle soit déçue si la réponse est négative. Loric a déjà couru jusqu’à la porte d’entrée. Nous remontons l’allée. Le bruit de succion dans mon dos s’arrête. Le bras de Maya ne tarde pas à tomber en frôlant mon dos. Elle est totalement dans le pays des songes. J’ouvre la porte d’entrée. Les grands jettent leurs chaussures contre le meuble et leur manteau au pied de la patère.
                          « On accroche les manteaux et on range les chaussures » dis-je d’une voix absente.
Je déchire l’enveloppe. J’en sors mon agrément et tout un tas de papier explicatifs. Je suis officiellement assistante maternelle ! Il ne reste plus que la formation à passer et je pourrais travailler. Je me tourne vers Clara et Loric. Clara comprend immédiatement l’expression de mon visage pendant que Loric, impassible, joue avec deux cailloux. Mon ainée commence a explosé de joie avec moi. Nous sautillons toutes les deux en poussant des petits ricanements. J’avais complètement oublié Maya dormant dans mon dos. J’indique à Clara de se calmer en même temps que moi. Mais, imperturbable, la petite a juste resserré son étreinte contre mon dos sans se réveiller. Un petit ronflement émerge même de mon dos. Clara et moi rions en silence.
                          « Bah quoi ? Demande Loric.
                          - Ca y est maman est assistante maternelle, lui déclare Clara.

                         - Ah ok…, nous regarde-t-il indifférent. Euh… On mange quoi maman ? »

jeudi 12 février 2015

Illustration de la vie quotidienne n°3 , la joie de trouver un contrat.

Une fois par semaine, j'illustre le quotidien des assistantes maternelles par des GIFS, des photos détournées (ou non tient en fait ), des dessins peut-être, des chansons pourquoi pas ou que sais-je encore.


Quand une famille me choisit et que je les choisis. Ils sont joie. Je suis joie. Le monde entier est mis au courant. Il est joie également... que dis-je tout l'univers est joie ^^









GIFSoup

vendredi 6 février 2015

Bonne journée

Un matin comme les autres.


J'accueille la petite Apolline[1] depuis ses trois mois. Elle en a maintenant dix-neuf. Désormais, ses parents et moi, nous connaissons bien. Il y a une grande confiance mutuelle entre nous. Les matins sont rodés. Ils prennent un temps pour dire au revoir ni trop court, ni trop long. Ils restent si Apolline en ressent le besoin et partagent toujours un peu de ce qui s'est passé la veille avec moi. Puis tout le monde se souhaite une bonne journée.


Aujourd'hui, c'est le papa qui la dépose. Il me tend les affaires puis s'occupe de sa fille. J'accroche le manteau à la patère et mets le sac dans le casier. Attendrie, je les regarde partager un moment de tendresse. Échanges de bisous, secrets murmurés. Le papa se lève. Il attrape la poignée de la porte et l'ouvre. Je tends les bras vers Apolline qui court si blottir.
                     " Bonne journée m..." Lança le papa comme d'habitude.
Aussitôt je le remercie avec un grand sourire :
                      " Merci, à vous aus..."
Pendant que mes traitres de mots sortent trop vite de ma bouche, je l'entends finir sa phrase :
                      " ... ma chérie."
Je me fige frappée par la honte et écarquille les yeux. Je bafouille :
                      " Non mais... Je... Non ce n'est pas... Je pensais que vous aviez fini... Je vous... Je croyais.... que vous nous parliez à toutes les deux... Je .... Je ne répondais pas au "ma chérie"... Non Non Non ! Bien sûr que non... Je..."
Je me noie magistralement dans mes explications. Lui, il est crispé, rouge et ne prononce pas un mot. Je me liquéfie doucement sur place. Pourquoi ne dit-il rien ? Qu'a-t-il compris ? Le temps semble s'être arrêté. Je rougis d'embarras.  Mais bon sang une réaction ! Allez ! N'importe quoi !
Là, il explose de rire. Il rit sans discontinuer, rougeoie de plus belle et tousse. Je ne sais pas comment réagir. Je suis encore abasourdie. Il finit par se calmer.
                     " Ne vous en faites pas, me déclare-t-il. J'avais compris. Il ne fallait pas vous mettre dans un état pareil. Bon alors bonne journée... À TOUTES LES DEUX. "
Il passe la porte. Cette dernière à peine refermée, je l'entends exploser de rire à nouveau.










[1] Les faits sont romancés. Les prénoms changés. Les personnes peuvent l'être aussi.








Sur cette petite anecdote, bonne journée à vous.

mercredi 4 février 2015

Illustration de la vie quotidienne n°2, l'attente

Une fois par semaine, j'illustre le quotidien des assistantes maternelles par des GIFS, des photos détournées (ou non tient en fait ), des dessins peut-être, des chansons pourquoi pas ou que sais-je encore.


Quand les enfants attendent impatiemment le retour de leurs parents !



Merci à Lily d'avoir si gentiment prêté la photo de son chat dont je suis méga fan !

dimanche 1 février 2015

10 choses à ne pas dire à une nounou


Comme pour tous métiers, il y a des stéréotypes qui ont la vie dure.
Comme dans tout entourage, il y a toujours quelques lourdingues pour y croire et les faire vivre ! :D



1) Aaaah cool ! Je cherche une ass mat ! Comme on se connait, tu me feras un prix !
Pas de soucis, mes enfants pourront mettre leurs chaussures deux années de suite comme ça je pourrais te faire un prix.

2) Non mais, sérieux, en gros tu es payé à rester chez toi.
Euh oui ... en très gros alors ...

3) Oh ça va c'est tranquille comme métier !
Ah oui c'est tranquille de travailler 47h par semaine sans compter les 30 à 60 minutes de ménage quotidien. Oui j'ai trouvé la bonne planque. Royal !

4) Non mais si c'est tranquille. Tu les fous dans le parc et tu regarde la télé.
Pour qui tu me prends ?!

5) Ou alors tu joues toutes la journée. Franchement c'est cool de jouer toute la journée. Il y a pire comme métier !
Je ne te parle même plus !
Et apparement c'est une bonne cure du jouvence, tu rajeunis ! Tu te vexe comme une gamine.
...

6) Tu peux même faire la sieste pendant que les bébés dorment !
Non mais tu es sérieux là ?!

7) Et inviter les copines tout le temps.
Euh non. Je travaille.
Oui mais tu es chez toi.
Oui mais je travaille.
Oui mais tu es chez toi.
...

8) Et après tu veux faire quoi ?
Après quoi ?

9) ... Hein, tu ne fais pas ce boulot juste en attendant ?!
En attendant quoi ?! Que je gagne au loto ? Oui si je gagne au loto peut-être que, dans ce cas là, je ne travaillerai plus.

10 ) Sinon tu peux me prêter un bébé de temps en temps pour que j'aille draguer au parc ? ... Non mais attend. Mais pourquoi tu t'en vas ?!



Je compte sur vous pour partager les énormes âneries que vous avez pu entendre ;)